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Mario de Andrade

Mário Raul de Morais Andrade (São Paulo, 9 octobre 1893 - ibidem, 25 février 1945) était un poète, romancier, musicologue, photographe et critique d'art brésilien.

Il est l'un des fondateurs du modernisme brésilien avec la publication de Paulicéia Desvairada en 1922.

Il a eu une énorme influence sur la littérature brésilienne dans le XXe et XXIe siècle, et en tant que chercheur et essayiste, il a été un pionnier du domaine de l'ethnomusicologie.

Avec Dina Lévi-Strauss, il fonda la première société d'etnologie du Brésil; et ce fut grâce à son influence que Dina et Claude Lévi-Strauss obtinrent la permission d'entreprendre de missions de recherche dans l'intérieur du pays.

Dimanche


I

Le jardin embellit les familles
Mais les robes du dimanche
Font voir, derrière les ouvrages,
Des écriteaux sans beaucoup d'idéal...

La radio porte le foot-ball dans la bouche,
Le tapage rehausse le crépuscule
Dans son calme dominical.

On se bat en Chine...

Et mon âme n'en peut plus,
Déborde comme l’ eau
Du verre trop plein.

II

Lassitude qui desagrège...
Mon âme vous emporterait
Vers une autre égalité sereine…

Prions pour les Napoleons !

Je tressaille à la limite des choses,
Mais il se peut que l'usage des yeux
Soit dejà um abus de notre temps,

Et si la brise nous fend la lèvre,
L'injustice est si grande, si grande,
Que même le sourire ne se porte plus.

On s'entredévore à Cuba...

Echoné à l'enchevêtrement des rues
On ne se supporte plus cet organisme.
C’ est un fruit par trop mûr déjà.

Adieu mon âme,
Toute seule.


(Da antologia “La poésie brésilienne”, com organização e tradução de A. D. Tavares-Bastos, premiada em 1954 pela Academia Francesa. A 1a. edição francesa foi lançada por Editions Seghers, em Paris, em 1966.)

Poème de l'amie

Poème de l'amie

Le soir se couchait dans mes yeux
Et la fuite des heures me rendait avril,
Une saveur familière d'au-revoir créait
Un air et, je ne sais pourquoi, je t'aperçus.

Je revins en fleur. Mais ce n'était que ton souvenir.
Tu étais loin, douce amie; et je n'ai vu dans le profil de la ville

que l'archange souple du gratte-ciel rose
Remuant ses ailes bleues dans le soir.



Mario de Andrade
(Da antologia “La poésie brésilienne”, com organização e tradução de A. D. Tavares-Bastos, premiada em 1954 pela Academia Francesa. A 1a. edição francesa foi lançada por Editions Seghers, em Paris, em 1966.)